Interview – Éléonore Gabirault, consultante finance & assurance : le point sur les taux immobiliers novembre 2026.
On observe une remontée des taux de crédit immobilier cet automne. Où en est-on concrètement aujourd’hui ?
Éléonore Gabirault – MyTotem : Effectivement, après plusieurs mois plutôt calmes, les taux repartent à la hausse.
En octobre 2026, on se situe autour de 3,51 % sur 20 ans et 3,58 % sur 25 ans. Les meilleurs dossiers peuvent encore obtenir des conditions plus avantageuses, autour de 3,40 % sur 20 ans.
Cette hausse reste progressive, mais elle commence à peser sur les projets. Les banques doivent notamment composer avec un coût de financement plus élevé et un contexte économique incertain.
Concrètement, qu’est-ce que ça change pour la capacité d’achat des ménages ?
L’impact est assez direct : plus les taux montent, moins on peut emprunter avec la même mensualité.
Pour une mensualité de 1 500 € sur 20 ans, une hausse d’un point de taux peut réduire la capacité d’emprunt d’environ 15 000 à 20 000 €, selon le taux de départ et les conditions du prêt.
Les acheteurs doivent donc parfois revoir leur budget, négocier davantage le prix du bien ou mobiliser un apport plus important. C’est pour ça qu’il est essentiel de valider son financement avant de se lancer dans les visites.
Est-ce que cette hausse risque de se poursuivre d’ici la fin de l’année ?
C’est une possibilité. Les taux pourraient continuer à progresser dans les prochains mois, mais il est difficile de prévoir précisément jusqu’où.
L’évolution dépendra notamment de l’inflation, des marchés financiers et des décisions de politique monétaire.
Mon conseil, c’est de ne pas attendre uniquement dans l’espoir d’une baisse. Si le projet est mûr et que le financement est solide, autant étudier les solutions disponibles dès maintenant.
Dans ce contexte, les banques sont-elles devenues plus difficiles à convaincre ?
Elles sont surtout très attentives à la qualité des dossiers. Elles continuent à financer des projets, mais elles regardent de près les revenus, les charges, l’apport et la gestion des comptes.
Il faut notamment respecter les règles du HCSF, avec un taux d’effort généralement limité à 35 %, assurance emprunteur comprise, et une durée de crédit qui ne dépasse normalement pas 25 ans, sauf exceptions prévues.
Un bon dossier, c’est donc un projet cohérent, des revenus suffisamment stables et une gestion financière rassurante. Aujourd’hui, la préparation du dossier fait vraiment la différence.
On parle beaucoup des taux d’intérêt, mais qu’en est-il du taux d’usure ? Quelles sont les conséquences pour les emprunteurs ?
C’est un point important, et parfois méconnu des acheteurs.
Le taux d’usure, c’est le plafond légal que le coût total d’un crédit ne peut pas dépasser. On ne regarde donc pas uniquement le taux d’intérêt : on prend aussi en compte l’assurance emprunteur, les frais de dossier, les frais de courtage et certains frais liés aux garanties.
Depuis le 1er octobre 2026, le taux d’usure est fixé à 5,40 % pour les prêts à taux fixe de 20 ans et plus.
Concrètement, si le TAEG, c’est-à-dire le coût global du crédit exprimé en pourcentage annuel, dépasse ce plafond, la banque ne peut pas accorder le prêt dans ces conditions. Le dossier peut donc être bloqué, même si l’emprunteur dispose de revenus suffisants.
C’est particulièrement important pour certains profils, notamment lorsque l’assurance emprunteur coûte cher. Une hausse des taux peut réduire la marge disponible avant d’atteindre ce plafond.
Notre rôle, c’est justement d’étudier le financement dans son ensemble, de comparer les assurances et de négocier les frais pour trouver une solution adaptée à chaque situation.
Quels sont les points essentiels pour présenter un bon dossier aujourd’hui ?
Le premier point, c’est l’apport personnel. Idéalement, il permet de couvrir les frais de notaire et de garantie. Un apport plus important peut aussi aider à négocier de meilleures conditions, même si les exigences varient selon les banques et les profils.
Ensuite, il faut soigner la gestion de ses comptes. Des comptes bien tenus sur les trois derniers mois, sans découverts répétés, c’est un vrai plus.
Enfin, conserver une épargne après l’achat est rassurant pour la banque et permet de faire face aux imprévus.
L’idée, c’est de montrer qu’on est capable d’acheter, mais aussi d’assumer son crédit sereinement dans la durée.
Quel est l’intérêt de passer par un courtier MyTotem dans ce contexte ?
Notre rôle, c’est de faire gagner du temps à nos clients et de trouver le financement le plus adapté à leur situation.
Toutes les banques n’ont pas la même politique commerciale. Selon les profils et les périodes, certaines seront plus intéressantes que d’autres. Nous comparons les solutions disponibles et négocions les conditions du crédit.
Et il ne faut pas regarder uniquement le taux affiché ! L’assurance emprunteur, les frais annexes et le TAEG peuvent aussi faire une vraie différence.
Chez MyTotem, nous avons également un avantage : nous faisons le lien entre le financement et l’immobilier. Cela permet de valider la faisabilité du projet en amont et d’éviter à nos clients de multiplier les visites pour des biens qui ne correspondent finalement pas à leur budget.
Notre objectif, c’est simple : sécuriser le financement et donner à nos clients les meilleures chances de concrétiser leur projet immobilier.