Plan logement, ce qu’il faut retenir

Interview d’Éléonore Gabirault, consultante finance & assurance chez MyTotem.

On entend beaucoup parler du nouveau plan logement annoncé par le Gouvernement. Que faut-il en retenir, concrètement ?

Éléonore Gabirault :
Concrètement, le message est assez clair : le logement devient enfin une priorité nationale. Le 23 janvier dernier, le Premier ministre a annoncé un objectif très ambitieux : construire 2 millions de logements d’ici 2030, soit environ 400 000 logements par an. Dit autrement, on change clairement de braquet.

Pourquoi cette annonce arrive-t-elle maintenant ?

EG : Parce que la situation est devenue difficilement tenable. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : moins de constructions neuves depuis 2022, près de 3 millions de ménages qui attendent un logement social, et des prix immobiliers qui ont fortement augmenté sur le long terme. Le Gouvernement reconnaît que ce sujet ne peut plus attendre… et c’est plutôt une bonne nouvelle.

Quels sont les leviers choisis pour relancer la machine ?

EG : Le premier levier, c’est l’investissement locatif privé. L’idée est simple : redonner envie aux particuliers d’investir dans le logement locatif. Avec la fin du dispositif Pinel, beaucoup d’investisseurs ont levé le pied. Le Gouvernement souhaite donc réorienter une partie de l’épargne des Français vers l’immobilier pour recréer de l’offre locative.

Justement, un nouveau dispositif fiscal est annoncé. Sait-on déjà comment il fonctionnera ?

EG :À ce stade, on sait surtout qu’il sera mis en place pour trois ans et qu’il vise à inciter les particuliers à acheter pour louer. L’objectif affiché est de produire environ 50 000 logements locatifs supplémentaires par an. Et point intéressant : une première évaluation est prévue dès l’automne 2026, pour ajuster le dispositif si besoin. Autrement dit, ce n’est pas figé dans le marbre.

Et le logement social dans tout ça ?

EG : Il n’est clairement pas oublié. Le projet de loi de finances 2026 prévoit 500 millions d’euros supplémentaires pour le logement social, au bénéfice d’environ 700 bailleurs. Ces moyens serviront à la fois à construire de nouveaux logements et à rénover l’existant. Là aussi, c’est un effort significatif.

On parle souvent des contraintes administratives. Le plan agit-il aussi sur ce point ?

EG : Oui, et c’est un point essentiel. Le Gouvernement reconnaît que le financement n’est pas le seul frein. Le plan prévoit donc plusieurs mesures : simplification des règles d’urbanisme et de construction, sécurisation des bailleurs face aux impayés, accélération de la transformation des bureaux en logements et facilitation des rénovations énergétiques, notamment en copropriété. En résumé : moins de paperasse, plus d’efficacité… du moins sur le papier.

Quel rôle vont jouer les collectivités locales ?

EG : L’État souhaite renforcer leur capacité d’action. Des « zones à bâtir d’urgence » pourraient être créées, avec des dérogations réglementaires à la demande des maires pour accélérer les projets dans les zones tendues. Un projet de loi de décentralisation est également annoncé pour redonner plus de leviers aux élus locaux sur les sujets de logement.

En tant qu’experte en financement immobilier, votre regard final ?

EG : Ce plan montre une vraie prise de conscience de l’urgence. L’ambition est là, les moyens aussi. Maintenant, tout va se jouer dans la mise en œuvre concrète et la capacité à redonner confiance aux investisseurs, aux bailleurs et aux acteurs du terrain. Si les mesures sont bien appliquées, cela peut clairement changer la donne.

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